Les drogues hallucinogènes pourraient-elle améliorer votre santé mentale ?

Il est connu que dans certains pays, le cannabis peut être délivré à des patients sur prescription médicale afin de diminuer leurs nausées. Jusque-là, rien de bien choquant (le cannabis est en effet considéré comme une drogue « douce » et il est utilisé pour soulager des symptômes physiques).

Il devient par contre plus difficile d’envisager que des drogues hallucinogènes bien plus puissantes, comme le LSD, puissent être prescrites pour traiter des troubles mentaux comme la schizophrénie, la dépression ou l’alcoolisme. C’est pourtant une pratique qui a existé dans les années 50, notamment au Canada. L’information est relayée par le quotidien The Guardian :

Un psychiatre hors du commun

Humphry Osmond (1917-2004) était un psychiatre britannique. Après avoir observé que la mescaline produisait des effets similaires aux symptômes de la schizophrénie, il décide de  s’intéresser aux effets thérapeutiques des drogues hallucinogènes.

Au début des années 50, Humphry Osmond intègre l’équipe médicale de l’hôpital psychiatrique de Weyburn, au Canada. Il entame alors un parcours professionnel basé principalement sur l’expérimentation du LSD comme traitement psychiatrique. Il avait d’ailleurs essayé la drogue sur lui-même et avait pu remarquer un peu naïvement que la substance produisait de profonds changements de conscience1.

Du LSD pour traiter l’alcoolisme

L’hypothèse d’Osmond et ses collègues était que le LSD pouvait induire chez les patients une prise de conscience à haut potentiel thérapeutique. En 1953, l’équipe médicale débute donc le traitement de patients atteints d’alcoolisme. L’un d’entre eux s’arrête de boire immédiatement, tandis les autres s’arrêteront 6 mois plus tard. En 1958, d’autres chercheurs conduisent une étude similaire et concluent que leurs résultats sont suffisamment encourageants pour poursuivre des recherches dans ce sens.

Pendant ce temps, Osmond et ses collègues continuent à prescrire du LSD à leurs patients atteints d’alcoolisme. À la fin des années 60, ils avaient traité près de 2000 patients (40 à 45% de leurs patients soignés avec du LSD n’auraient pas rechuté un an après le début du traitement). Bref, selon eux, le LSD pouvait être un traitement efficace contre l’alcoolisme.

À l’époque, ces résultats font beaucoup de bruits dans les milieux psychiatriques. La pratique devient populaire au point qu’au Royaume-Uni un établissement est spécialement dédié à cette thérapie. Le traitement mis au point par Osmond est même « approuvé » par les fondateurs des alcooliques anonymes. On raconte aussi que Cary Grant aurait expérimenté la « cure »…

Entre 1950 et 1965, près de 40 000 patients se seraient vus prescrire du LSD. L’alcoolisme est le trouble le plus fréquemment traité, mais des patients atteints de schizophrénie, et même des enfants avec autisme2 ont bénéficié de ce traitement.

Les effets thérapeutiques du LSD ont donné lieu à plus de 1000 publications scientifiques et plusieurs conférences internationales (la plupart de ces recherches scientifiques sont néanmoins critiquées aujourd’hui pour leurs faiblesses méthodologiques).

L’ensemble de ces résultats auraient pu ouvrir la voix à de nombreuses autres recherches sur les effets bénéfiques des drogues hallucinogènes. Mais pour des raisons politiques, cet engouement s’arrêta brusquement au milieu des années 60. En effet, le LSD commençait aussi à devenir  populaire dans la rue et les nouvelles législations rendaient difficile son utilisation même dans les milieux médicaux.

Dans les années 1990, les effets thérapeutiques des drogues hallucinogènes ont de nouveau intéressé certains spécialistes. Des essais cliniques se sont ainsi intéressés aux effets d’autres drogues comme la kétamine ou le MDMA sur des patients atteints de différents troubles de l’humeur. Leur utilisation dans le cadre médical reste néanmoins très restreinte.

 

  1.  Les expérimentations décrites ici ont été réalisées sous supervision médicale dans des conditions très contrôlées. La consommation de substances hallucinogènes comporte bien évidemment des risques pour la santé.
  1.  Les critères de diagnostic ont bien changé depuis 1960, ces troubles seraient probablement « étiquetés » différemment aujourd’hui.
 

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