Phallomancie : dis-moi à quoi ressemble ton pénis, je te dirai qui tu es

Certaines femmes ont tendance à affirmer avec dédain que lorsqu’on a vu un pénis on les a tous vus, mais les pénis sont infinis tant par la variété de leurs dimensions que de leurs formes ou de leurs coloris. Ils peuvent être longs, courts, gros, minces, trapus, droits, bulbeux ou assez coniques pour emplir le réservoir situé au sommet d’un préservatif, coudés de droite à gauche ou de haut en bas, circoncis ou non, lisses ou aussi fripés qu’un chiot sharpei ; et ils se présentent vêtus de rose, de caramel, de pêche, de lavande, de chocolat ou de bronze noir en fonction des origines ethniques de leur possesseur, encore que pas seulement : la plupart des pénis sont d’une teinte plus sombre que les corps de leurs détenteurs, et certains de façon frappante – « plus bronzés », comme le formulait délicatement le couple danois Inge et Sten Hegeler dans An ABZ of Love publié en 1963, l’année même du scandale de l’« homme sans tête », et qui allait devenir à l’époque un best seller. De façon imagée, les Hegeler considéraient les pénis comme « aussi variés que les visages ». Plus éloquent encore, au cours de la décennie suivante, Alex Comfort décréterait, lui, dans Les Joies du sexe, le guide sexuel le plus vendu de tous les temps, que les pénis possèdent également « une personnalité ».

 

Que les pénis soient ou non aussi différents entre eux que les visages, les caricaturistes ont de tout temps comparé l’appareil génital mâle à un visage : celui d’un très vieil homme doté d’un nez particulièrement laid et d’un oeuf coincé dans chacune de ses flasques bajoues (il est indéniable qu’au- delà de la puberté, tout pénis semble plus âgé que son possesseur). Même la tête (ou gland) du pénis a été comparée à un visage, chose qui nécessite un gros effort d’imagination, à moins peut- être de la considérer comme du « foetal précoce ». « Une petite frimousse tellement sérieuse », dit Thelma du pénis de Harry Angstrom, interrompant un instant sa fellation avant de poursuivre son analogie en remarquant que la peau non circoncise qui enveloppe le gland turgescent du pénis en question ressemble à « un petit bonnet » (John Updike, Rabbit est riche). Plus sérieusement, ou plus tristement, la poétesse Ronnie Roberts trouvait les pénis si atroces que, dans son poème « Portrait of a Former Penis Bigot » (Portrait d’une ancienne dévote du pénis), elle révéla qu’elle avait l’habitude de dessiner au feutre des visages souriants sur ceux de ses amants – de quoi modifier, peut-être, le regard que l’on posera désormais sur les smileys.

 

Tout au long des siècles, l’ouverture urétrale située à l’extrémité du pénis a été comparée soit à un oeil (Jap’s eye, ou « oeil jap », en argot anglo- saxon moderne, tandis que les lettrés des années 1920 mentionnaient très fréquemment Polyphème, le Cyclope et son oeil unique), soit à une minuscule bouche, à laquelle fait référence le poète élisabéthain Richard Barnfield dans un sonnet qui débute par : « Douces lèvres de corail où repose le trésor de la nature » (pour éviter toute interprétation erronée de ce vers, il n’est pas inutile de préciser que Barnfield était homosexuel). Dans l’Angleterre élisabéthaine, le mot d’argot populaire servant à désigner le pénis était « nez » ; d’ailleurs, aujourd’hui encore, de l’autre côté de la planète, au Japon, on attribue familièrement au pénis le nom d’un farfadet folklorique nommé Tenggu affublé, pour son plus grand malheur, d’un organe olfactif démesuré.

 

On a toujours attribué au pénis des noms d’hommes, histoire, pourrait- on dire, de mettre un nom sur un visage : les plus populaires en Angleterre étaient Peter, Percy, Rupert et Roger – un nom traditionnellement attribué aux taureaux et aux béliers reproducteurs – ainsi que John ou John- Thomas, employés jusqu’à nos jours (ce dernier doit sa renommée à l’usage qu’en fait D. H. Lawrence dans L’Amant de Lady Chatterley), ou encore Willy. Dick, pourtant aussi ancien que tous les précédents, n’a rejoint la fratrie pénienne qu’à la fin du XIXe siècle, et ce non pas parce qu’il rimait avec prick (pine), mais en tant que diminutif de dickory dock, argot rimé cockney désignant le cock (zob). Si Roger n’existe plus en tant que surnom, il a pendant des siècles été un verbe bien- aimé, comme en témoigne le journal intime de William Byrd de Westover. Le 26 décembre 1711, il écrivait de sa femme : I rogered her lustily (Je l’ai baisée avec délices), et de nouveau, le 1er janvier 1712 : I lay abed till 9 o’clock this morning… and rogered her by way of reconcilation (Je suis resté au lit jusqu’à neuf heures du matin… et l’ai baisée en manière de réconciliation).

 

Certains hommes donnent à leur pénis des surnoms (Clinton peut-il vraiment avoir appelé le sien Willard ?) parce que, comme le dit la blague, ils ne veulent pas se laisser mener à la baguette par quelqu’un qu’ils ne connaissent pas.

 

Les mâles anglo- saxons n’avaient pas de pénis. C’étaient des hommes à membre viril. Il y a plus ou moins cinq cents ans, ces hommes sont devenus des hommes « pivots » ou des hommes pillicock (mot d’origine scandinave venant de pillie, « pénis »).

 Lire la suite Atlantico.fr

 

Certaines femmes ont tendance à affirmer avec dédain que lorsqu’on a vu un pénis on les a tous vus, mais les pénis sont infinis tant par la variété de leurs dimensions que de leurs formes ou de leurs coloris. Ils peuvent être longs, courts, gros, minces, trapus, droits, bulbeux ou assez coniques pour emplir le réservoir situé au sommet d’un préservatif, coudés de droite à gauche ou de haut en bas, circoncis ou non, lisses ou aussi fripés qu’un chiot sharpei ; et ils se présentent vêtus de rose, de caramel, de pêche, de lavande, de chocolat ou de bronze noir en fonction des origines ethniques de leur possesseur, encore que pas seulement : la plupart des pénis sont d’une teinte plus sombre que les corps de leurs détenteurs, et certains de façon frappante – « plus bronzés », comme le formulait délicatement le couple danois Inge et Sten Hegeler dans An ABZ of Love publié en 1963, l’année même du scandale de l’« homme sans tête », et qui allait devenir à l’époque un best seller. De façon imagée, les Hegeler considéraient les pénis comme « aussi variés que les visages ». Plus éloquent encore, au cours de la décennie suivante, Alex Comfort décréterait, lui, dans Les Joies du sexe, le guide sexuel le plus vendu de tous les temps, que les pénis possèdent également « une personnalité ».

Que les pénis soient ou non aussi différents entre eux que les visages, les caricaturistes ont de tout temps comparé l’appareil génital mâle à un visage : celui d’un très vieil homme doté d’un nez particulièrement laid et d’un oeuf coincé dans chacune de ses flasques bajoues (il est indéniable qu’au- delà de la puberté, tout pénis semble plus âgé que son possesseur). Même la tête (ou gland) du pénis a été comparée à un visage, chose qui nécessite un gros effort d’imagination, à moins peut- être de la considérer comme du « foetal précoce ». « Une petite frimousse tellement sérieuse », dit Thelma du pénis de Harry Angstrom, interrompant un instant sa fellation avant de poursuivre son analogie en remarquant que la peau non circoncise qui enveloppe le gland turgescent du pénis en question ressemble à « un petit bonnet » (John Updike, Rabbit est riche). Plus sérieusement, ou plus tristement, la poétesse Ronnie Roberts trouvait les pénis si atroces que, dans son poème « Portrait of a Former Penis Bigot » (Portrait d’une ancienne dévote du pénis), elle révéla qu’elle avait l’habitude de dessiner au feutre des visages souriants sur ceux de ses amants – de quoi modifier, peut-être, le regard que l’on posera désormais sur les smileys.

Tout au long des siècles, l’ouverture urétrale située à l’extrémité du pénis a été comparée soit à un oeil (Jap’s eye, ou « oeil jap », en argot anglo- saxon moderne, tandis que les lettrés des années 1920 mentionnaient très fréquemment Polyphème, le Cyclope et son oeil unique), soit à une minuscule bouche, à laquelle fait référence le poète élisabéthain Richard Barnfield dans un sonnet qui débute par : « Douces lèvres de corail où repose le trésor de la nature » (pour éviter toute interprétation erronée de ce vers, il n’est pas inutile de préciser que Barnfield était homosexuel). Dans l’Angleterre élisabéthaine, le mot d’argot populaire servant à désigner le pénis était « nez » ; d’ailleurs, aujourd’hui encore, de l’autre côté de la planète, au Japon, on attribue familièrement au pénis le nom d’un farfadet folklorique nommé Tenggu affublé, pour son plus grand malheur, d’un organe olfactif démesuré.

On a toujours attribué au pénis des noms d’hommes, histoire, pourrait- on dire, de mettre un nom sur un visage : les plus populaires en Angleterre étaient Peter, Percy, Rupert et Roger – un nom traditionnellement attribué aux taureaux et aux béliers reproducteurs – ainsi que John ou John- Thomas, employés jusqu’à nos jours (ce dernier doit sa renommée à l’usage qu’en fait D. H. Lawrence dans L’Amant de Lady Chatterley), ou encore Willy. Dick, pourtant aussi ancien que tous les précédents, n’a rejoint la fratrie pénienne qu’à la fin du XIXe siècle, et ce non pas parce qu’il rimait avec prick (pine), mais en tant que diminutif de dickory dock, argot rimé cockney désignant le cock (zob). Si Roger n’existe plus en tant que surnom, il a pendant des siècles été un verbe bien- aimé, comme en témoigne le journal intime de William Byrd de Westover. Le 26 décembre 1711, il écrivait de sa femme : I rogered her lustily (Je l’ai baisée avec délices), et de nouveau, le 1er janvier 1712 : I lay abed till 9 o’clock this morning… and rogered her by way of reconcilation (Je suis resté au lit jusqu’à neuf heures du matin… et l’ai baisée en manière de réconciliation).

Certains hommes donnent à leur pénis des surnoms (Clinton peut-il vraiment avoir appelé le sien Willard ?) parce que, comme le dit la blague, ils ne veulent pas se laisser mener à la baguette par quelqu’un qu’ils ne connaissent pas.

Les mâles anglo- saxons n’avaient pas de pénis. C’étaient des hommes à membre viril. Il y a plus ou moins cinq cents ans, ces hommes sont devenus des hommes « pivots » ou des hommes pillicock (mot d’origine scandinave venant de pillie, « pénis »).

Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/phallomancie%C2%A0-dis-moi-quoi-ressemble-penis-te-dirai-qui-es-tom-hickman-873594.html#ul6cTUM4bA5JZvZw.99

Certaines femmes ont tendance à affirmer avec dédain que lorsqu’on a vu un pénis on les a tous vus, mais les pénis sont infinis tant par la variété de leurs dimensions que de leurs formes ou de leurs coloris. Ils peuvent être longs, courts, gros, minces, trapus, droits, bulbeux ou assez coniques pour emplir le réservoir situé au sommet d’un préservatif, coudés de droite à gauche ou de haut en bas, circoncis ou non, lisses ou aussi fripés qu’un chiot sharpei ; et ils se présentent vêtus de rose, de caramel, de pêche, de lavande, de chocolat ou de bronze noir en fonction des origines ethniques de leur possesseur, encore que pas seulement : la plupart des pénis sont d’une teinte plus sombre que les corps de leurs détenteurs, et certains de façon frappante – « plus bronzés », comme le formulait délicatement le couple danois Inge et Sten Hegeler dans An ABZ of Love publié en 1963, l’année même du scandale de l’« homme sans tête », et qui allait devenir à l’époque un best seller. De façon imagée, les Hegeler considéraient les pénis comme « aussi variés que les visages ». Plus éloquent encore, au cours de la décennie suivante, Alex Comfort décréterait, lui, dans Les Joies du sexe, le guide sexuel le plus vendu de tous les temps, que les pénis possèdent également « une personnalité ».

Que les pénis soient ou non aussi différents entre eux que les visages, les caricaturistes ont de tout temps comparé l’appareil génital mâle à un visage : celui d’un très vieil homme doté d’un nez particulièrement laid et d’un oeuf coincé dans chacune de ses flasques bajoues (il est indéniable qu’au- delà de la puberté, tout pénis semble plus âgé que son possesseur). Même la tête (ou gland) du pénis a été comparée à un visage, chose qui nécessite un gros effort d’imagination, à moins peut- être de la considérer comme du « foetal précoce ». « Une petite frimousse tellement sérieuse », dit Thelma du pénis de Harry Angstrom, interrompant un instant sa fellation avant de poursuivre son analogie en remarquant que la peau non circoncise qui enveloppe le gland turgescent du pénis en question ressemble à « un petit bonnet » (John Updike, Rabbit est riche). Plus sérieusement, ou plus tristement, la poétesse Ronnie Roberts trouvait les pénis si atroces que, dans son poème « Portrait of a Former Penis Bigot » (Portrait d’une ancienne dévote du pénis), elle révéla qu’elle avait l’habitude de dessiner au feutre des visages souriants sur ceux de ses amants – de quoi modifier, peut-être, le regard que l’on posera désormais sur les smileys.

Tout au long des siècles, l’ouverture urétrale située à l’extrémité du pénis a été comparée soit à un oeil (Jap’s eye, ou « oeil jap », en argot anglo- saxon moderne, tandis que les lettrés des années 1920 mentionnaient très fréquemment Polyphème, le Cyclope et son oeil unique), soit à une minuscule bouche, à laquelle fait référence le poète élisabéthain Richard Barnfield dans un sonnet qui débute par : « Douces lèvres de corail où repose le trésor de la nature » (pour éviter toute interprétation erronée de ce vers, il n’est pas inutile de préciser que Barnfield était homosexuel). Dans l’Angleterre élisabéthaine, le mot d’argot populaire servant à désigner le pénis était « nez » ; d’ailleurs, aujourd’hui encore, de l’autre côté de la planète, au Japon, on attribue familièrement au pénis le nom d’un farfadet folklorique nommé Tenggu affublé, pour son plus grand malheur, d’un organe olfactif démesuré.

On a toujours attribué au pénis des noms d’hommes, histoire, pourrait- on dire, de mettre un nom sur un visage : les plus populaires en Angleterre étaient Peter, Percy, Rupert et Roger – un nom traditionnellement attribué aux taureaux et aux béliers reproducteurs – ainsi que John ou John- Thomas, employés jusqu’à nos jours (ce dernier doit sa renommée à l’usage qu’en fait D. H. Lawrence dans L’Amant de Lady Chatterley), ou encore Willy. Dick, pourtant aussi ancien que tous les précédents, n’a rejoint la fratrie pénienne qu’à la fin du XIXe siècle, et ce non pas parce qu’il rimait avec prick (pine), mais en tant que diminutif de dickory dock, argot rimé cockney désignant le cock (zob). Si Roger n’existe plus en tant que surnom, il a pendant des siècles été un verbe bien- aimé, comme en témoigne le journal intime de William Byrd de Westover. Le 26 décembre 1711, il écrivait de sa femme : I rogered her lustily (Je l’ai baisée avec délices), et de nouveau, le 1er janvier 1712 : I lay abed till 9 o’clock this morning… and rogered her by way of reconcilation (Je suis resté au lit jusqu’à neuf heures du matin… et l’ai baisée en manière de réconciliation).

Certains hommes donnent à leur pénis des surnoms (Clinton peut-il vraiment avoir appelé le sien Willard ?) parce que, comme le dit la blague, ils ne veulent pas se laisser mener à la baguette par quelqu’un qu’ils ne connaissent pas.

Les mâles anglo- saxons n’avaient pas de pénis. C’étaient des hommes à membre viril. Il y a plus ou moins cinq cents ans, ces hommes sont devenus des hommes « pivots » ou des hommes pillicock (mot d’origine scandinave venant de pillie, « pénis »).
Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/phallomancie%C2%A0-dis-moi-quoi-ressemble-penis-te-dirai-qui-es-tom-hickman-873594.html#ul6cTUM4bA5JZvZw.99Certaines femmes ont tendance à affirmer avec dédain que lorsqu’on a vu un pénis on les a tous vus, mais les pénis sont infinis tant par la variété de leurs dimensions que de leurs formes ou de leurs coloris. Ils peuvent être longs, courts, gros, minces, trapus, droits, bulbeux ou assez coniques pour emplir le réservoir situé au sommet d’un préservatif, coudés de droite à gauche ou de haut en bas, circoncis ou non, lisses ou aussi fripés qu’un chiot sharpei ; et ils se présentent vêtus de rose, de caramel, de pêche, de lavande, de chocolat ou de bronze noir en fonction des origines ethniques de leur possesseur, encore que pas seulement : la plupart des pénis sont d’une teinte plus sombre que les corps de leurs détenteurs, et certains de façon frappante – « plus bronzés », comme le formulait délicatement le couple danois Inge et Sten Hegeler dans An ABZ of Love publié en 1963, l’année même du scandale de l’« homme sans tête », et qui allait devenir à l’époque un best seller. De façon imagée, les Hegeler considéraient les pénis comme « aussi variés que les visages ». Plus éloquent encore, au cours de la décennie suivante, Alex Comfort décréterait, lui, dans Les Joies du sexe, le guide sexuel le plus vendu de tous les temps, que les pénis possèdent également « une personnalité ».

 

Que les pénis soient ou non aussi différents entre eux que les visages, les caricaturistes ont de tout temps comparé l’appareil génital mâle à un visage : celui d’un très vieil homme doté d’un nez particulièrement laid et d’un oeuf coincé dans chacune de ses flasques bajoues (il est indéniable qu’au- delà de la puberté, tout pénis semble plus âgé que son possesseur). Même la tête (ou gland) du pénis a été comparée à un visage, chose qui nécessite un gros effort d’imagination, à moins peut- être de la considérer comme du « foetal précoce ». « Une petite frimousse tellement sérieuse », dit Thelma du pénis de Harry Angstrom, interrompant un instant sa fellation avant de poursuivre son analogie en remarquant que la peau non circoncise qui enveloppe le gland turgescent du pénis en question ressemble à « un petit bonnet » (John Updike, Rabbit est riche). Plus sérieusement, ou plus tristement, la poétesse Ronnie Roberts trouvait les pénis si atroces que, dans son poème « Portrait of a Former Penis Bigot » (Portrait d’une ancienne dévote du pénis), elle révéla qu’elle avait l’habitude de dessiner au feutre des visages souriants sur ceux de ses amants – de quoi modifier, peut-être, le regard que l’on posera désormais sur les smileys.

 

Tout au long des siècles, l’ouverture urétrale située à l’extrémité du pénis a été comparée soit à un oeil (Jap’s eye, ou « oeil jap », en argot anglo- saxon moderne, tandis que les lettrés des années 1920 mentionnaient très fréquemment Polyphème, le Cyclope et son oeil unique), soit à une minuscule bouche, à laquelle fait référence le poète élisabéthain Richard Barnfield dans un sonnet qui débute par : « Douces lèvres de corail où repose le trésor de la nature » (pour éviter toute interprétation erronée de ce vers, il n’est pas inutile de préciser que Barnfield était homosexuel). Dans l’Angleterre élisabéthaine, le mot d’argot populaire servant à désigner le pénis était « nez » ; d’ailleurs, aujourd’hui encore, de l’autre côté de la planète, au Japon, on attribue familièrement au pénis le nom d’un farfadet folklorique nommé Tenggu affublé, pour son plus grand malheur, d’un organe olfactif démesuré.

 

On a toujours attribué au pénis des noms d’hommes, histoire, pourrait- on dire, de mettre un nom sur un visage : les plus populaires en Angleterre étaient Peter, Percy, Rupert et Roger – un nom traditionnellement attribué aux taureaux et aux béliers reproducteurs – ainsi que John ou John- Thomas, employés jusqu’à nos jours (ce dernier doit sa renommée à l’usage qu’en fait D. H. Lawrence dans L’Amant de Lady Chatterley), ou encore Willy. Dick, pourtant aussi ancien que tous les précédents, n’a rejoint la fratrie pénienne qu’à la fin du XIXe siècle, et ce non pas parce qu’il rimait avec prick (pine), mais en tant que diminutif de dickory dock, argot rimé cockney désignant le cock (zob). Si Roger n’existe plus en tant que surnom, il a pendant des siècles été un verbe bien- aimé, comme en témoigne le journal intime de William Byrd de Westover. Le 26 décembre 1711, il écrivait de sa femme : I rogered her lustily (Je l’ai baisée avec délices), et de nouveau, le 1er janvier 1712 : I lay abed till 9 o’clock this morning… and rogered her by way of reconcilation (Je suis resté au lit jusqu’à neuf heures du matin… et l’ai baisée en manière de réconciliation).

 

Certains hommes donnent à leur pénis des surnoms (Clinton peut-il vraiment avoir appelé le sien Willard ?) parce que, comme le dit la blague, ils ne veulent pas se laisser mener à la baguette par quelqu’un qu’ils ne connaissent pas.

 

Les mâles anglo- saxons n’avaient pas de pénis. C’étaient des hommes à membre viril. Il y a plus ou moins cinq cents ans, ces hommes sont devenus des hommes « pivots » ou des hommes pillicock (mot d’origine scandinave venant de pillie, « pénis »).

 

Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/phallomancie%C2%A0-dis-moi-quoi-ressemble-penis-te-dirai-qui-es-tom-hickman-873594.html#ul6cTUM4bA5JZvZw.99

Certaines femmes ont tendance à affirmer avec dédain que lorsqu’on a vu un pénis on les a tous vus, mais les pénis sont infinis tant par la variété de leurs dimensions que de leurs formes ou de leurs coloris. Ils peuvent être longs, courts, gros, minces, trapus, droits, bulbeux ou assez coniques pour emplir le réservoir situé au sommet d’un préservatif, coudés de droite à gauche ou de haut en bas, circoncis ou non, lisses ou aussi fripés qu’un chiot sharpei ; et ils se présentent vêtus de rose, de caramel, de pêche, de lavande, de chocolat ou de bronze noir en fonction des origines ethniques de leur possesseur, encore que pas seulement : la plupart des pénis sont d’une teinte plus sombre que les corps de leurs détenteurs, et certains de façon frappante – « plus bronzés », comme le formulait délicatement le couple danois Inge et Sten Hegeler dans An ABZ of Love publié en 1963, l’année même du scandale de l’« homme sans tête », et qui allait devenir à l’époque un best seller. De façon imagée, les Hegeler considéraient les pénis comme « aussi variés que les visages ». Plus éloquent encore, au cours de la décennie suivante, Alex Comfort décréterait, lui, dans Les Joies du sexe, le guide sexuel le plus vendu de tous les temps, que les pénis possèdent également « une personnalité ».

Que les pénis soient ou non aussi différents entre eux que les visages, les caricaturistes ont de tout temps comparé l’appareil génital mâle à un visage : celui d’un très vieil homme doté d’un nez particulièrement laid et d’un oeuf coincé dans chacune de ses flasques bajoues (il est indéniable qu’au- delà de la puberté, tout pénis semble plus âgé que son possesseur). Même la tête (ou gland) du pénis a été comparée à un visage, chose qui nécessite un gros effort d’imagination, à moins peut- être de la considérer comme du « foetal précoce ». « Une petite frimousse tellement sérieuse », dit Thelma du pénis de Harry Angstrom, interrompant un instant sa fellation avant de poursuivre son analogie en remarquant que la peau non circoncise qui enveloppe le gland turgescent du pénis en question ressemble à « un petit bonnet » (John Updike, Rabbit est riche). Plus sérieusement, ou plus tristement, la poétesse Ronnie Roberts trouvait les pénis si atroces que, dans son poème « Portrait of a Former Penis Bigot » (Portrait d’une ancienne dévote du pénis), elle révéla qu’elle avait l’habitude de dessiner au feutre des visages souriants sur ceux de ses amants – de quoi modifier, peut-être, le regard que l’on posera désormais sur les smileys.

Tout au long des siècles, l’ouverture urétrale située à l’extrémité du pénis a été comparée soit à un oeil (Jap’s eye, ou « oeil jap », en argot anglo- saxon moderne, tandis que les lettrés des années 1920 mentionnaient très fréquemment Polyphème, le Cyclope et son oeil unique), soit à une minuscule bouche, à laquelle fait référence le poète élisabéthain Richard Barnfield dans un sonnet qui débute par : « Douces lèvres de corail où repose le trésor de la nature » (pour éviter toute interprétation erronée de ce vers, il n’est pas inutile de préciser que Barnfield était homosexuel). Dans l’Angleterre élisabéthaine, le mot d’argot populaire servant à désigner le pénis était « nez » ; d’ailleurs, aujourd’hui encore, de l’autre côté de la planète, au Japon, on attribue familièrement au pénis le nom d’un farfadet folklorique nommé Tenggu affublé, pour son plus grand malheur, d’un organe olfactif démesuré.

On a toujours attribué au pénis des noms d’hommes, histoire, pourrait- on dire, de mettre un nom sur un visage : les plus populaires en Angleterre étaient Peter, Percy, Rupert et Roger – un nom traditionnellement attribué aux taureaux et aux béliers reproducteurs – ainsi que John ou John- Thomas, employés jusqu’à nos jours (ce dernier doit sa renommée à l’usage qu’en fait D. H. Lawrence dans L’Amant de Lady Chatterley), ou encore Willy. Dick, pourtant aussi ancien que tous les précédents, n’a rejoint la fratrie pénienne qu’à la fin du XIXe siècle, et ce non pas parce qu’il rimait avec prick (pine), mais en tant que diminutif de dickory dock, argot rimé cockney désignant le cock (zob). Si Roger n’existe plus en tant que surnom, il a pendant des siècles été un verbe bien- aimé, comme en témoigne le journal intime de William Byrd de Westover. Le 26 décembre 1711, il écrivait de sa femme : I rogered her lustily (Je l’ai baisée avec délices), et de nouveau, le 1er janvier 1712 : I lay abed till 9 o’clock this morning… and rogered her by way of reconcilation (Je suis resté au lit jusqu’à neuf heures du matin… et l’ai baisée en manière de réconciliation).

Certains hommes donnent à leur pénis des surnoms (Clinton peut-il vraiment avoir appelé le sien Willard ?) parce que, comme le dit la blague, ils ne veulent pas se laisser mener à la baguette par quelqu’un qu’ils ne connaissent pas.

Les mâles anglo- saxons n’avaient pas de pénis. C’étaient des hommes à membre viril. Il y a plus ou moins cinq cents ans, ces hommes sont devenus des hommes « pivots » ou des hommes pillicock (mot d’origine scandinave venant de pillie, « pénis »).

Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/phallomancie%C2%A0-dis-moi-quoi-ressemble-penis-te-dirai-qui-es-tom-hickman-873594.html#ul6cTUM4bA5JZvZw.99

 

associationcoeurdenfants |
GRUPO FOLCLORICO DA CASA DE... |
Postures |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mjc de l'albenc
| TABLE RONDE FRANCAISE MONTL...
| Peña Le Boeuf Qui Rit