Les Français sont-ils plus fous que les autres ou obsédés par leur santé mentale ?

Selon une étude du département de santé publique de Créteil, les autorités française ont très largement sous-estimé le nombre de Français souffrant d’une pathologie mentale qui toucherait en fait 12 millions de personnes sur 69 millions. Le coût total des pathologies mentales en France s’élève à 110 milliards d’euros par an. Les Français sont-ils fous ou trop hygiénistes concernant leur santé mentale ?

Jean-Paul Mialet : Si on avait fait cette étude dans les années 70, on n’aurait certainement pas trouvé les mêmes chiffres, avec  12 millions de Français qui se portent mal. Les critères de pathologie n’étaient pas les mêmes que ceux d’aujourd’hui.

Il y a une trentaine d’années, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a donné une définition de la santé : « un état de bien être physique, moral et social ». Si on désigne la santé comme état de bien-être, tout ce qui n’est pas un état de bien-être n’est pas la santé, et c’est donc la maladie. Peuvent donc se prétendre malade tous ceux qui ne sont pas dans cet état de bien-être. Cette évolution de la notion de maladie revient à englober beaucoup d’états qui correspondent à un mal être et dont la limite est discutable.

Parallèlement, la psychiatrie a développé des concepts discutables. Elle a d’abord été organisée autour de maladies bien repérables, comme la schizophrénie ou la psychose, les dépressions sévères… Puis, en plus de ces maladies bien répertoriées, elle a repéré une autre dimension : les personnalités pathologiques. Ce sont des dimensions de tempéraments, de caractères, qui ne sont plus de l’ordre de la maladie, mais qui servent de supports pour mieux comprendre certaines pathologies. Un glissement se fait à ce niveau-là, et on a tôt fait de se dire que telle personne ne va pas bien car elle présente une personnalité défaillante.

Peut-on prendre pour exemple de ce glissement la schizoïdie, dont le Dr Philip Manfield estime qu’elle pourrait représenter jusqu’à 40% des cas de troubles mentaux, mais qui n’est pas une pathologie portant à conséquence ?

La schizoïdie est un excellent exemple, dans la mesure où c’est un trouble du caractère.

Le repérage des troubles mentaux s’est développé selon plusieurs axes. Le premier est l’axe morbide proprement dit, qui correspond aux maladies classiques, et l’autre axe qui est celui des troubles de la personnalité.  Ces troubles peuvent être appliqués à un très grand nombre de gens.
Une recherche a été faite en prenant des sujets « normaux » et en leur faisant passer les critères de classification : on s’est aperçu que 80% des gens pouvaient être classés dans une des catégories des troubles de la personnalité. En attaquant ce phénomène, on a attiré la psychiatrie vers un champ étendu et flou où on peut intégrer énormément de gens.

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