Les éjaculateurs précoces ne sont-ils que des égoïstes ?

L’éjaculation précoce est le premier motif de consultation de l’homme jeune devant l’impuissance ou les troubles du désir. C’est dire s’il concerne beaucoup d’hommes et de couples. Est-il en hausse ? Rien ne permet de le dire. Il est certain que lorsque les femmes ne voyaient dans l’acte sexuel qu’un pénible devoir conjugal, elles ne devaient pas être si mécontentes que l’affaire soit bouclée rapidement, mais désormais, elles n’ont plus envie de rester sur leur faim, ce qui se comprend très bien. De là est née l’idée que l’éjaculateur précoce ne se soucierait que de son plaisir, et peu de celui de sa compagne, ce qui rejoint une autre idée reçue que nous développerons un peu plus loin, à savoir que l’éjaculation produirait une jouissance automatique. Cette interrogation s’appuie sur le présupposé qu’il suffirait que l’homme fasse attention pour que l’éjaculation n’ait pas lieu.

Mais il faut savoir que, lorsqu’il a dépassé un certain seuil d’excitation, celui-ci ne peut absolument plus se retenir d’éjaculer. Or, ceux qui souffrent de ce trouble ne voient pas venir ce seuil et se retrouvent littéralement débordés par leur éjaculation. L’écrasante majorité des hommes atteints de ce trouble en souffrent profondément et certains éjaculent même avant la pénétration, fait si douloureux pour eux qu’il conduit parfois au suicide. L’éjaculateur précoce a beau faire tous les efforts du monde, rien n’y fait. Pire encore, plus il se concentre, plus il se crispe, et plus l’éjaculation est rapide, le cercle vicieux est en route ! Ce trouble frappe prioritairement les hommes anxieux, ceux qui manquent de confiance en eux, ce qui explique qu’il touche souvent les hommes jeunes.

Le principal problème de l’éjaculation précoce est que celle-ci se transforme en réflexe corporel et, comme tout réflexe, peut devenir automatique, d’où la nécessité de ne pas la laisser s’installer trop longtemps. En tout cas, elle n’a rien à voir avec un quelconque égoïsme… Les premiers psychanalystes ont avancé que ces hommes avaient souvent un problème avec leur désir et avec la féminité : ils vivraient l’éjaculation comme une agression vis-à-vis de la femme et n’auraient qu’une envie, qu’elle soit la plus rapide possible pour s’en débarrasser. Mais en consultation de sexologie, ces cas sont les plus rares et la majorité des hommes sont plutôt englués dans une angoisse et un désir de bien faire, sans parvenir à remplir ce qu’ils estiment être leur fonction d’homme. Les anthropologues ont également leur avis sur la question : les hommes des cavernes, toujours sur le qui-vive quant à une agression potentielle de mammouths ou d’ennemis, auraient pendant des siècles éjaculé rapidement pour être sûrs d’arriver à leurs fins : pas le temps de batifoler, il fallait se reproduire ! Cette théorie est contestée par l’anthropologue Pascal Picq, qui avance que nos ancêtres devaient probablement faire l’amour à l’abri dans leurs cavernes, bien confortablement installés sur des peaux de bêtes, autour du feu, et ne devaient pas avoir tant besoin de se presser…

Quoi qu’il en soit, nous ne sommes plus des hommes préhistoriques, nous savons que l’amour physique a besoin d’étirer le temps pour que la jouissance soit forte. L’homme qui éjacule vite n’a qu’une jouissance moindre, sans parler de sa culpabilité par rapport à sa partenaire, et il en est le premier pénalisé. Il est rare que l’homme ne rencontre ce trouble qu’avec une seule femme, sauf si cette dernière se montre particulièrement castratrice et que l’enjeu de performance exigée est tel que l’homme ne peut y souscrire. La suite Atlantico

 

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