Drogues : le gouvernement prié de décrocher de la répression

Peut-on, sur la question des drogues, faire changer un gouvernement bien frileux ? Voilà l’objectif de la charte «pour une autre politique des addictions» lancée hier sous l’égide d’une mission sénatoriale. Ses promoteurs, des experts du secteur, espèrent qu’elle initiera un débat, voire des «états généraux».

La charte trace une feuille de route pour tourner la page après cinq années d’une «politique du chiffre aux conséquences néfastes, d’une guerre à la drogue qui n’a fait baisser ni la consommation ni les trafics, tout en encombrant les tribunaux et les prisons», a expliqué hier la sénatrice Laurence Cohen (PCF, Val-de-Marne), rapporteure de la mission du Sénat sur la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt).

«Piliers». Les experts réunis ont abouti à un consensus : la méthode actuelle, entre «dérive sécuritaire» et «prévention lacunaire et inefficace», avec une «obsession autour du cannabis», est «obsolète». Pour Didier Touzeau, psychiatre à Bagneux (Hauts-de-Seine), la répression est une politique «faussement rassurante» qui «ne traite pas le problème et coûte cher».

Pour les signataires (1), il faut abandonner l’objectif, inatteignable, d’éradiquer les drogues, et le remplacer par la volonté de «réguler les usages de toutes les drogues […] afin d’en réduire les dommages». Ils proposent quatre «piliers» inspirés de la politique suisse : prévention, réduction des risques, soin, réduction de l’offre de drogues.

Ils recommandent une expérimentation des salles de consommation supervisées (pour offrir un cadre sanitaire aux usagers qui s’injectent dans la rue, dans des conditions d’hygiène déplorables). Et une dépénalisation de l’usage. Qui «ne veut pas dire supprimer l’interdit sur les « drogues »», auquel François Hollande est attaché, affirme Jean-Michel Costes, ancien directeur de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

La légalisation ? C’est «un autre débat». Volontairement, la mission n’a pas rendu ses conclusions lors de la campagne présidentielle : «On ne voulait pas être instrumentalisés, explique la sénatrice Cohen. On veut en faire une affaire de société qui concerne tout le monde. Un débat de fond. On n’a pas envie d’appuyer sur un réflexe de peur. On veut faire appel à l’intelligence.» La suite Libération

 

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