Hépatites B et C: comment les éviter?

La réponse de Jean-Claude Desenclos, directeur scientifique à l’INVS, président de l’action coordonnée «Recherche en santé publique dans le domaine des hépatites» de l’ANRS.

Les hépatites sont des infections encore mal connues. On estime pourtant que 281.000  personnes sont infectées en France par le virus de l’hépatite B (VHB); 230.000  personnes seraient porteuses du virus responsable de l’hépatite C (VHC). Additionnés, les deux virus contribuent au décès de plus de 5.000  personnes par an. C’est dire l’importance de la prévention, du dépistage… et de rappeler ce qu’on sait des modes de transmission.

Le VHB est extrêmement contagieux: dix fois plus que le VHC, cent fois plus que le VIH. Le VHB est présent dans le sang, le sperme, les sécrétions vaginales et le lait maternel. La transmission du virus s’opère par le contact direct du sang, au cours des relations sexuelles, lors du partage de matériel infecté (seringues, cuillère, coton, paille) chez les usagers de drogues (UD), au cours d’actes invasifs (médicaux ou lors de tatouages, piercings…), au moment de l’accouchement ou encore en partageant des objets contaminés. Les modes de transmission sont les mêmes pour le VHC, sauf sur deux points: le passage du virus de la mère à l’enfant au cours de l’accouchement est peu fréquent et la transmission sexuelle exceptionnelle.

Jean-Claude Desenclos est directeur scientifique à l’INVS, président de l’action coordonnée «Recherche en santé publique dans le domaine des hépatites» de l’ANRS.

Le VHB touche plus les hommes, les classes sociales défavorisées, les personnes originaires d’Asie et d’Afrique subsaharienne, les UD par voie veineuse et les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes. Les femmes, les personnes nées dans un pays du Moyen-Orient ou d’Afrique subsaharienne, celles socialement défavorisées et les UD sont particulièrement touchés par le VHC (60% des UD sont infectés et environ 3.500 nouvelles infections surviendraient chaque année dans ce groupe).

Comment éviter de se contaminer? La meilleure prévention de l’hépatite B est la vaccination. Il n’existe pas de vaccin contre le VHC. Tout ce qui évite le contact de sang à sang entre personnes réduit la diffusion des deux virus. La transmission par transfusion est rarissime en France grâce au dépistage systématique des dons de sang depuis le début des années 1990. En milieu de soins, la transmission est exceptionnelle depuis le renforcement des précautions d’hygiène à partir du milieu des années 1990. La transmission sexuelle du VHB est nulle en cas d’usage systématique du préservatif.

Freins au dépistage

Chez les UD, la réduction des risques qui allie substitution des opiacés (buprénorphine ou méthadone) et non-partage du matériel d’injection est le fondement de la prévention. Elle a donné de bons résultats pour le VIH, mais son effet est moindre pour le VHC. Plusieurs pays ont montré que les salles d’accompagnement à l’injection avaient, en complément de la réduction des risques, un intérêt certain, incitant des experts à recommander leur expérimentation en France.

Le dépistage est essentiel. Savoir si on est infecté permet de prendre des précautions pour protéger son entourage et de bénéficier des traitements. En 2004, seules 45% des personnes porteuses du VHB et 57% de celles porteuses du VHC avaient été dépistées, très en deçà des 75% préconisés par le plan français de lutte contre les hépatites. Il est donc indispensable de comprendre les raisons des freins au dépistage et à la prévention. La suite Le Figaro

 

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