4,5 millions d’euros de promesses de dons pour le Sidaction 2012

C’est 500 000 euros de moins qu’en 2011

Le Sidaction 2012 a enregistré 4, 5 millions d’euros de promesses de dons au profit de la recherche contre le sida, soit 500 000 euros de moins qu’en 2011, selon les chiffres définitifs communiqués vendredi 13 avril par l’association. lire la suite


Archive pour 16 avril, 2012

Comment l’employeur pourrait pister la consommation de drogue de ses salariés

Un plan gouvernemental, des groupes de travaux, des assises régionales, des états généraux, un baromètre largement médiatisé avant une conférence internationale prévue au mois de mai : impossible d’ignorer le récent intérêt des autorités sanitaires pour la drogue au travail. « C’est un tabou qui va être levé », motive Etienne Apaire, de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt). Cela reflète « une problématique qui est de plus en plus importante dans le débat publique », estime de son côté François Beck de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), institut auteur du baromètre. Mais derrière cette thématique émerge un enjeu crucial : le rôle que peut jouer l’entreprise dans la prévention et le contrôle des pratiques addictives.

Lire : « La drogue au travail : les dopés du quotidien »

Pour les autorités sanitaires, l’argument central est la sécurité : selon la Mildt, « près de 15 % à 20 % des accidents professionnels, d’absentéisme et de conflits interpersonnels au travail seraient liés à l’usage d’alcool, de psychotropes ou de stupéfiants ». D’après le baromètre de l’Inpes, la plus forte consommation d’alcool quotidienne correspond aux secteurs de l’agriculture, de la pêche et de la construction. Or, note François Beck, « ce sont des métiers où la prise de risque est plus fréquente, pour quelqu’un qui manipule une grue ou fait des travaux en équilibre par exemple ». Et la Mildt de noter la responsabilité juridique de l’employeur en cas d’accident. Enfin, l’usage de substances illicites, comme la cocaïne, « pose un problème de vigilance et de légalité pour un employeur qui est face à un comportement interdit », souligne François Beck. Certaines entreprises comme la SNCF pratiquent ainsi des dépistages pour les postes de sécurité.

« APTE » OU « INAPTE » : LE DÉPISTAGE

« La mise en place de dépistages est un outil comme un autre pour savoir si quelqu’un est apte à occuper un emploi », considère Etienne Apaire. Dépistage à l’embauche, dépistage aléatoire : l’entreprise peut ainsi déterminer, sans connaître le détail des résultats, si un employé est « apte » ou « inapte ». En mai 2011, le Comité consultatif national d’éthique avait rendu son avis sur le dépistage de substances illicites sur le lieu de travail : il l’avait étendu mais autorisé uniquement pour des « postes et fonctions de sûreté et de sécurité », établis au cas par cas par les entreprises. En des termes sibyllins, Etienne Apaire encourage « les partenaires sociaux » de toutes les entreprises à « débattre de ce sujet » et mettre en place des « politiques de prévention », ce que font déjà certaines entreprises avec des affichages et des campagnes de sensibilisation. D’autres pays vont bien au-delà, « aux Etats-Unis, un salarié sur deux est dépisté », révèle ainsi Astrid Fontaine, sociologue et auteure de Double vie: les drogues et le travail.

Le dépistage généralisé en entreprise « pose des questions éthiques pas simples », évoque François Beck, dubitatif. Un médecin du travail rattaché à une entreprise pratiquant des test de dépistages sur des postes dits de sécurité partage également son scepticisme : « cela n’est pas d’une grande utilité si ce n’est de faire peur et faire perdre confiance : il vaut mieux en parler ». Pour Astrid Fontaine, c’est l’enjeu économique qui motive une telle volonté, « le lobby pharmaceutique produit et cherche à vendre des tests de dépistage en entreprise, c’est un marché énorme ». Face à « un marché américain saturé », l’industrie pharmaceutique s’intéresserait à l’Europe. « D’autant plus qu’en parallèle, les laboratoires produisent aussi les produits qui permettent de falsifier les tests, ce qui représente un marché », dénonce la sociologue. Alors que tests et campagnes de prévention sont financés par les entreprises les pratiquant, la Mildt se défend de tout transfert de responsabilité. La suite

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