La chancellerie poursuit le  » mercato  » des procureurs

André Ride est nommé procureur général de Bordeaux. Le président de la MILDT (Mission

sur les drogues) est pressenti comme procureur de Versailles

 

LE MONDE daté 23 12 11

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) complète à un train de sénateur la nouvelle géographie judiciaire. Il a annoncé, mardi 20 décembre, avoir émis un avis favorable à la nomination d’André Ride, inspecteur général des services judiciaires, au poste sensible de procureur général à Bordeaux, une juridiction particulièrement surveillée par l’Elysée depuis que s’y instruisent les affaires Bettencourt. La nomination d’André Ride en conseil des ministres n’est plus qu’une formalité.

François Feltz, procureur général d’Orléans, qui fut candidat au poste de procureur de Paris, remplacera M. Ride au poste d’inspecteur général des services judiciaires, tremplin nécessaire. François Falletti, procureur général de Paris, qui a obstinément refusé de changer d’affectation, reste en poste, non sans avoir essuyé  » un audit  » du parquet général commandé par la chancellerie.

A Bordeaux, la chancellerie avait d’abord proposé Martine Valdès-Boulouque, actuelle procureure générale de Grenoble et proche de la majorité, mais le CSM avait envisagé de donner un avis défavorable. La chancellerie, à la demande de la magistrate, a préféré, le 25 octobre, retirer sa candidature. Non sans élégance, Mme Valdès-Boulouque a estimé qu’elle n’allait pas réclamer un autre parquet général, et devrait rejoindre la Cour de cassation comme avocat général. C’est donc André Ride qui rejoindra Bordeaux.

Saut de carrière

Le haut magistrat avait fait parler de lui en 2008, lorsqu’il s’était prêté au jeu d’une enquête interne demandée par l’ex-garde des sceaux de Nicolas Sarkozy, Rachida Dati, après le suicide d’un mineur à la prison de Metz. Les

conditions dans lesquelles cette inspection avait été menée – avec auditions de magistrats en pleine nuit – avaient provoqué la colère des syndicats, qui avaient refusé que les juges servent de  » bouc émissaire  » dans ce dossier.

Autre nomination qui pourrait faire grincer des dents, celle d’Etienne Apaire au poste envié de procureur de Versailles. Le magistrat a été conseiller de Nicolas Sarkozy et de Dominique de Villepin, ministres de l’intérieur, puis de Pascal Clément, ministre de la justice, avant d’être nommé en 2007 à la tête de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) où il n’a pas fait l’unanimité, sauf peut-être contre lui. Le saut de carrière n’est pas négligeable, le magistrat était 45e sur 51 candidats à Versailles, mais c’est lui que propose la chancellerie. Cinq personnes ont déjà déposé un recours ; le CSM donnera son avis, consultatif, le 10 janvier.

Réagissant à ce train de nominations, le PS a critiqué, dans un communiqué, ce  » mercato  » des procureurs à  » quatre mois de la présidentielle « .  » Quelle est la justification de ce gigantesque mouvement si ce n’est de permettre, à cette occasion, quelques nominations sûres ? « 

Franck Johannès

 

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