La MILDT épinglée par le Sénat

Dans le cadre du projet de loi de finance 2012, la commission des affaires sociale, puis le sénat, suivant l’avis de la rapporteure Laurence Cohen, ont rejeté l’adoption des crédits de la MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre les drogues et la toxicomanie), jugés insuffisants et surtout mal répartis.

Dans son rapport, la sénatrice Laurence Cohen, fait un état des lieux préoccupants de la situation des drogues illicites française : Augmentation de la consommation de la cocaïne, augmentation des overdoses, épidémie d’hépatite C hors de contrôle, une situation sanitaire critique dans les prisons. La mission parlementaire sur les toxicomanies et l’expertise collective Inserm sur la réduction desrisques avait fait le même constat.

Mais face à cette situation sanitaire critique, elle déplore que la MILDT se focalise de manière rigide sur la stricte application de la loi, et que cela se révèle néfaste et conduise à des dérives dénoncées d’ailleurs par la cours des comptes. De plus, elle regrette que la politique de santé en général, et la réduction des risques en particulier soient les parents pauvres de la lutte contre les drogues de la MILDT. La seule répartition des crédits de la MILDT parle en effet d’elle même : 35 % de ses crédits vont à la police, 25 % à la gendarmerie, 20 % à la justice, 10 % aux douanes et seulement 10 % aux actions de prévention !

La rapporteure recommande à la MILDT de s’inspirer de l’expertise collective Inserm sur la réduction des risques, mis au placard depuis que Roselyne Bachelot-Narquin n’est plus au ministère de la santé. Elle note en particulier que la MILDT s’est coupé des associations, pourtant les plus à même de proposer des dispositifs innovants, et elle invite à la création, dans un cadre expérimental, d’un nombre limité de salles de consommation à moindre risque ainsi que des programmes d’échange de seringue en prison.

Nous ne pouvons que souscrire aux analyses et recommandations de ce rapport. Depuis 2007, la politique de la MILDT se résume à l’idéologie de la guerre à la drogue : alors qu’il n’y a jamais eu autant de condamnations à de la prison ferme pour simple usage, tous les dispositifs innovants, comme les salles de consommation à moindre risque, les programmes d’échange de seringue en prison, mais aussi les programmes d’héroïne médicalisée sont dénoncés comme de l’incitation et une banalisation de l’usage, ce qui provoque l’étouffement de la politique de réduction des risques.

Nous sommes revenus à une époque où la France était montrée du doigt pour sa politique répressive désastreuse. Une politique où l’on croyait que c’est en enfermant les usagers qu’on pouvait les soigner… Une politique d’un autre temps.

Cordialement,


Pierre Chappard
Coordinateur du Réseau Français de Réduction des Risques (anciennement Collectif du 19 mai)
Tel : 06 63 55 65 54
Twitter : @Pierrechappard
@infodrogues
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