Addict au sexe : «Réapprendre le sens du désir vrai»

 

 

INTERVIEW – Marc Valleur, psychiatre, est médecin-chef de l’hôpital Marmottan à Paris, centre de soins et d’accompagnement des pratiques addictives. En juin, il a publié un essai sur les thèmes des addictions contemporaines, Le Désir malade (Éd. JC Lattès), avec Jean-Claude Matysiak.

 

 

Le Figaro. - En France, il existe des consultations pour les dépendants sexuels mais il n’y a pas de centres spécialisés comme aux États-Unis. Sommes-nous en retard ?

Marc VALLEUR. – Il faut se méfier des cures de désintoxication «à l’américaine», effectuées dans des cliniques privées pour un coût exorbitant. Quand le golfeur Tiger Woods va dans un centre, le fait-il pour soigner une vraie addiction ou pour se racheter une conduite et améliorer son image ?

En France, plusieurs hôpitaux prennent aujourd’hui en charge des «sex addicts», qui dans leur grande majorité sont dépendants aux sites pornographiques sur Internet. L’addiction au sexe commence à être mieux reconnue, comme l’ensemble des addictions dites sans drogues. À Marmottan, une consultation existe depuis cinq ans. Nous avons une psychologue qui s’est spécialisée sur ce sujet et suit une centaine de patients. Il arrive que ces derniers soient hospitalisés mais pour dépression, et non directement pour leur dépendance.

Comment pose-t-on le diagnostic ?

Le dépendant au sexe n’est pas forcément une personne à la vie sexuelle intense. C’est une personne qui ne parvient pas à arrêter ces pratiques alors qu’elle le souhaite et cette compulsion détruit sa vie professionnelle, affective… Nous avons parfois des demandes de consultation de personnes qui pensent à tort être dépendantes au sexe. Des maris qui ont trompé leur femme par exemple. Ils se sentent très coupables et imaginent qu’ils sont malades.

Comment soigne-t-on une addiction au sexe ?

La base du traitement est la psychothérapie, avec une dimension comportementale dans un premier temps afin de trouver les déclencheurs des pulsions et réfléchir à la manière de les faire cesser. Puis il faut comprendre pourquoi la sexualité est surinvestie et si l’addiction masque une dépression. Cela peut prendre plusieurs mois comme plusieurs années. Mais en parler, c’est déjà commencer à sortir de la spirale addictive et à briser la solitude, un facteur dépressogène. Cette première étape est essentielle. Il ne s’agit pas de faire du sevrage. Lors de ce travail, les patients doivent réapprendre à voir l’autre comme une personne et non comme un objet pour retrouver le sens du désir vrai. Lire la suite sur le figaro

 

associationcoeurdenfants |
GRUPO FOLCLORICO DA CASA DE... |
Postures |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mjc de l'albenc
| TABLE RONDE FRANCAISE MONTL...
| Peña Le Boeuf Qui Rit