La réduction des risques conduit à banaliser les consommations de drogues ?

Faux

La réduction des risques ne vise pas à banaliser les usages de drogues, mais à accompagner les usagers pendant leurs périodes de consommation, afin d’éviter qu’ils n’aggravent leur état de santé, physique, psychologique, ou leur situation sociale. Il est clair que la réduction des risques ne peut être une fin en soi et qu’elle doit s’intégrer dans une politique globale aux côtés de la prévention et du soin.

Cette Notion, déjà ancienne dans des pays comme la Grande Bretagne, les Pays-Bas ou la Suisse, est apparue en France vers la fin des années 1980, après que l’épidémie de sida a durement frappé la population des toxicomanes. Elle se décline autour de trois grands axes:

  • L’accès au matériel d’injection stérile: une première mesure a été de remettre en vente libre les seringues, afin d’éviter leur partage et la transmission de maladies ou dans des distributeurs des kits contenant tout le nécessaire à l’injection, voire des kits de « sniff », afin d’éviter la transmission de l’hépatite C.
  • Le développement de lieux d’accueils dits  » bas seuil d’exigence », permettant à des personnes en période de consommation de drogues de trouver un lieu de repos assorti de services d’échange de seringues, conseils pratiques et d’orientation vers des soins si nécessaire.
  • L’accès aux traitements de substitution, qui se sont développer depuis1994, passant de 50 places à 15000 personnes actuellement traitées par méthadone et à 80000 par buprénorphine. Ces traitements permettent d’abandonner plus facilement ou diminuer les prises d’héroïne.

Cette approche, qui constitue une stratégie de soins de première ligne, a permis de largement réduire la mortalité parmi les usagers de drogues, en divisant par quatre le nombre des overdoses, et delimiter considérablement les contaminations par le virus du sida dans cette population.

Par ailleurs, cette politique suppose d’aller vers les usagers plutôt que d’attendre qu’ils demandent des soins, afin de faciliter des contacts aussi précoces que possible.

C’est pourquoi les pratiques de réduction des risques se sont développées sur les lieux festifs, en particulier les « raves », afin de limiter les risques liés notamment aux consommations d’hallucinogènes et de psychostimulants. On y pratique aussi le testing, technique permettant de vérifier la présence d’ecstasy dans le produit que l’usager s’apprête à consommer. Cette pratique est controversée: pour ses acteurs, c’est l’occasion d’un contact qui permet la diffusion d’un message de prévention, pour ses détracteurs, il est immoral de restituer à une personne un produit que l’on sait toxique.

Cette question est tirée du livre «  Les drogues et addictions, réponses à 100 idées toutes faites sur l’alcool, le tabac, le cannabis…« du directeur CSAPA en Seine-Saint-Denis M François Hervé

 

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